Computationnel
Séparer formellement mise à jour, apprentissage compétitif, extinction et réinterprétation narrative. Tant qu’ils sont confondus dans le modèle, ils le seront dans les données.
À partir d’ici, tout est hypothèse déclarée. Six questions que nous jugeons vérifiables, classées de celles que l’on peut aborder maintenant à celles qui demanderaient une décennie et des autorisations que personne ne détient aujourd’hui.
Une hypothèse vaut si l’on peut imaginer l’expérience qui la réfute. Pour chacune, nous avons écrit ce qui la falsifierait : là où cette ligne manque, ce n’est pas de la recherche, c’est un souhait affublé d’un nom technique.
L’ordre n’est pas celui de l’importance mais celui de la distance. Les trois premières peuvent commencer avec des outils qui existent. Les trois dernières dépendent de résultats que nous n’avons pas encore et, dans un cas, d’un cadre réglementaire qui n’existe pas.
Chaque étape existe pour rendre la suivante possible et pour arrêter le projet si elle ne tient pas. En sauter une reviendrait à proposer à des personnes un protocole dont nous ne connaissons pas le comportement.
Le parcours est conçu pour échouer tôt et à faible coût, non pour arriver au bout.
Séparer formellement mise à jour, apprentissage compétitif, extinction et réinterprétation narrative. Tant qu’ils sont confondus dans le modèle, ils le seront dans les données.
Valider indices et fenêtres temporelles sur des souvenirs de laboratoire, non autobiographiques, avec préenregistrement et réplication indépendante avant toute extension.
Journal multimodal, tâches cognitives, signaux physiologiques et moteur adaptatif toujours transparent. Aucune instrumentation au-delà de ce qu’une personne peut retirer.
EEG et mesures périphériques comme rétroaction, sans leur attribuer la capacité de lire le contenu mnésique. C’est une mesure d’état, non de signification.
Uniquement avec universités, autorités réglementaires et comités d’éthique indépendants. Ce n’est pas une étape qu’une entreprise puisse franchir seule, et nous ne pensons pas qu’elle doive le pouvoir.
Les résultats nuls sont la part manquante de la littérature actuelle, et la raison de l’hétérogénéité du champ. Préenregistrer et publier même quand cela ne marche pas fait partie de la méthode, ce n’est pas un geste de transparence.
L’implant aujourd’hui en étude clinique chez Neuralink enregistre des signaux du cortex moteur pour permettre à des personnes paralysées de commander des dispositifs externes. Il ne décode pas de souvenirs autobiographiques, n’opère pas sur l’hippocampe, n’insère pas de mémoires. Confondre ce dispositif avec une technologie de la mémoire est l’erreur de lecture la plus répandue sur ce sujet.
Une intégration future exigerait des interfaces bidirectionnelles et des sites neuronaux différents : lecture de biomarqueurs de réactivation et de labilité, estimation de l’état cognitif, et éventuelle stimulation en boucle fermée synchronisée à la milliseconde. Des résultats montrent qu’une stimulation synchronisée avec les fuseaux du sommeil peut influencer la consolidation, et tout autant qu’une temporisation imprécise peut la dégrader. Cette symétrie est ce qu’il faut retenir : le même levier qui pourrait améliorer peut aussi aggraver, et la différence tient à une précision dont nous ne disposons pas hors du laboratoire.
Le niveau invasif resterait donc clinique, expérimental et subordonné à des protocoles indépendants. Ce n’est pas une étape de notre parcours : c’est un scénario que nous décrivons parce que d’autres le décrivent mal.
Atténuer une réponse n’est pas changer une personne, mais cette différence doit être défendue, non présupposée. Un souvenir fait partie de ce que nous sommes, et la réaction qu’il porte est parfois précisément ce qu’une personne veut conserver. L’objectif, c’est elle qui le choisit, pas le protocole, et ce choix doit pouvoir être retiré en cours de route.
Le consentement pose ici un problème de forme. Qui accepte une intervention sur sa propre réactivité ne peut en évaluer l’issue depuis sa position de départ : il l’évalue après, et avec une réactivité déjà modifiée. Le consentement ne peut donc pas être un formulaire signé une fois ; il doit être renouvelé par étapes, avec une possibilité concrète d’interrompre et sans que l’interruption coûte quoi que ce soit.
Le préjudice est asymétrique. Un protocole qui ne fonctionne pas laisse les choses en l’état. Un protocole qui induit un faux souvenir, ou qui atténue une réponse qui était nécessaire, cause un dommage qui ne s’annule pas. Cette asymétrie impose qu’en cas de doute, chaque choix de conception penche du côté de la non-intervention.
Aucune application hors consentement. Nous excluons les greffes occultes, la coercition, les altérations trompeuses de la mémoire et tout usage sur des personnes qui n’ont pas librement choisi d’y participer. Nous excluons aussi les usages que d’aucuns qualifieraient de bienveillants et qui n’ont pas été demandés par celui qui les subit.
Références : Nader, Schafe & LeDoux, 2000 · Hupbach et al., 2007 · Kindt, Soeter & Vervliet, 2009 · Schiller et al., 2010 · Hardwicke et al., 2016 · Elsey, Van Ast & Kindt, 2018 · Sinclair & Barense, 2018 · Geva-Sagiv et al., 2023 · Neuralink PRIME Study
Si la fenêtre de labilité n’était pas estimable de l’extérieur, si la mise à jour se propageait de façon incontrôlée, ou si tout effet s’évanouissait en un mois, MNEMOS n’aurait pas de voie. Ce sont des issues possibles et nous les considérons comme telles.
Dans ce cas, le résultat utile serait de l’avoir établi avec une méthode réutilisable par d’autres, et de l’avoir dit. Un programme de recherche qui ne peut pas échouer n’est pas un programme de recherche.
MNEMOS n’a de sens qu’au sein d’un réseau : universités, groupes de neurosciences cognitives, comités d’éthique. Si vous travaillez sur la reconsolidation, la modélisation de la mémoire ou l’inférence causale en contexte longitudinal, écrivez-nous.
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